Carnet de bord

Le jour où le mistral nous a surpris au cap Camarat

Récit d'une sortie, par l'équipe — moniteurs au départ du Port de Saint-Aygulf · 7 juin 2026 · 6 min

Randonnée jet ski vers le cap Camarat

Ce matin-là, la mer était une plaque d'huile. On est partis vers le cap Camarat le cœur léger ; on est rentrés à Saint-Aygulf les avant-bras en feu, à slalomer dans un clapot court monté en moins d'une heure. La météo en Méditerranée se retourne vite — voici ce qu'on a vécu, et ce que ça nous rappelle à chaque saison.

Le départ, par mer plate

9 h, pas un souffle. On longe l'Estérel, ses roches rouges qui plongent dans un bleu invraisemblable, puis on met le cap au sud-ouest vers le golfe de Saint-Tropez. Le genre de matin où l'on croit que la mer vous appartient. On pousse jusqu'au cap Camarat, le phare, les calanques de Ramatuelle. On coupe les gaz, on flotte, on écoute le silence. C'est pour ces minutes-là qu'on fait ce métier.

Le ciel change (et on aurait dû le lire plus tôt)

Vers 11 h, deux signes. D'abord une risée qui ride la surface par plaques, de plus en plus serrées. Ensuite, au nord, cette ligne sombre nette au-dessus des terres : le mistral qui descend le couloir rhodanien. En Méditerranée, il peut faire passer une mer de force 1 à force 4 en moins d'une heure. La règle qu'on répète aux clients, on se l'applique : au moindre doute, on rentre — on ne « voit pas venir », on anticipe. On a remis les gaz vers Saint-Aygulf.

Le retour, vent debout

C'est là que la sortie devient sportive. Le vent nous arrivait de face, plein travers de la route du retour, levant un clapot court et creux — le pire pour un jet, parce que les vagues s'enchaînent sans répit. Quelques principes nous ont sauvé les bras et le dos :

  • Ne jamais prendre la vague de plein fouet à pleine vitesse. On aborde de biais, à 30-45°, pour couper la crête au lieu de taper dedans.
  • Lâcher les gaz sur la crête, relancer dans le creux. On « accompagne » la houle au lieu de la combattre : le jet décolle moins, on ménage le dos.
  • Poids vers l'arrière, jambes souples, genoux fléchis. Les jambes deviennent des amortisseurs ; on encaisse avec le corps, pas avec la colonne.
  • Rester près de la côte (mais hors de la bande des baigneurs), où la mer est souvent un peu moins formée, et garder un abri en vue.

On a mis près du double du temps de l'aller. Les avant-bras brûlaient à force de serrer les poignées, le visage cuisait sous les embruns. Mais en appliquant ces gestes, on est rentrés sans frayeur — juste rincés, et plutôt fiers.

Ce qu'on en retient

Trois leçons, valables pour tout le monde, débutant comme habitué :

  • La météo marine se consulte le matin ET se surveille en mer (vent, rafales, et ce fameux liseré sombre au nord). On en parle dans nos conseils sécurité débutant.
  • Partir tôt : le mistral et la brise thermique se lèvent souvent en fin de matinée. Une rando lancée à 9 h passe ; la même à midi, parfois non.
  • En rando encadrée, ce calcul, c'est le moniteur qui le fait pour vous. C'est tout l'intérêt de partir accompagné : on profite du paysage, lui lit le ciel.

Envie de voir ces paysages (par beau temps) ?

Le cap Camarat, l'Estérel, l'Île d'Or : ça se découvre en randonnée jet ski au départ de Saint-Aygulf, avec ou sans permis. On choisit le créneau selon la mer, justement pour que vous gardiez le souvenir de la plaque d'huile — pas du clapot.

Tenté par une randonnée jet ski ?

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